"Prêts Pécresse" : une dangereuse arnaque pour les étudiants !

Publié le par UEC VSQ

Le 8 septembre dernier, Valérie Pécresse a signé une convention avec OSEO pour le lancement de prêts étudiants sans caution personnelle. Ces prêts avec intérêts sont proposés en accord avec le groupe Banque Populaire et l’organisme de crédit CETELEM.

L’Union des Etudiants Communistes de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines ne peut que s’étonner d’une telle mesure, décidée une nouvelle fois sans aucune concertation avec les organisations étudiantes et qui ne répond en rien aux attentes des étudiants.

Loin d’être une avancée comme le prétend la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, ce dispositif de prêt étudiant constitue un grave recul par rapport aux prêts à taux zéro jusqu’ici proposés par le CROUS. En effet, les « prêts Pécresse » auront des taux d’intérêt fixés par les banques, sans contrainte et sans limite, selon les évolutions du marché. Les vrais gagnants de ce transfert de gestion des prêts étudiants du CROUS vers des organismes privés, ce ne sont bien évidemment pas les étudiants mais les établissements bancaires à l’affût de nouveaux marchés. Ces derniers ne s’y sont pas trompés en investissant, en cette rentrée 2008 et avec la bienveillance de la direction de l’UVSQ et des services de la vie étudiante, l’enceinte même de l’université.

En tout état de cause, ce dispositif ne répond nullement aux attentes des étudiants, comme le montre le peu d’enthousiasme suscité par les prêts d’honneur du CROUS. Cette réticence des étudiants à s’endetter est on ne peut plus légitime au regard de la précarité, de l’incertitude et de l’instabilité du marché du travail actuel avec la recrudescence des CDD, du travail intérimaire et du chômage des jeunes, y compris des diplômés, favorisée par la politique dite de « flexibilité » des gouvernements de droite à la solde du MEDEF. S’engager dans la voie de l’endettement ne permettra pas aux étudiants d’aller au bout de leurs ambitions et fragilisera encore un peu plus les plus modestes d’entre eux, conduits à renoncer à s’engager dans des études longues plutôt que de vivre plusieurs années avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, dans la crainte de ne pouvoir rembourser la somme du prêt contracté et des intérêts. Et dans le meilleur des cas, il n’est pas supportable que les étudiants, une fois insérés dans le monde du travail, passent leurs premières années de salariés à rembourser des dettes !

L’UEC VSQ a d’autres ambitions pour les étudiants que ce droit à l’endettement. Les étudiants communistes appellent le gouvernement à prendre des mesures autrement plus efficaces, plus adaptées et plus justes que l’endettement et qui permettrait véritablement à chaque jeune d’accéder à l’enseignement supérieur, de pouvoir étudier à plein temps  et d’être autonome. Alors qu’en cette rentrée, les étudiants font face à une hausse du coût de la vie, notamment des frais d’inscription, et à une détérioration de leurs conditions d’études, l’Union des Etudiants Communistes attend des réponses à la hauteur de l’urgence sociale dans laquelle se trouvent de nombreux étudiants, telles que la suppression des frais d’inscription et la mise en place d’une allocation de formation et d’une allocation de recherche de premier emploi.

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