Et la lutte continue
Camarades,
Alors que le Parti Socialiste vient de désigner Ségolene Royale comme candidate, renonçant par là à tout ce qui pouvait encore le rattacher aux valeurs de la gauche, alors que les réactionnaires et les démagos se mettent en ordre de marche de l'UDF, au FN, deux constats doivent nous interpeller:
_même si les médias vont agiter pour la forme les Bayrou, Le Pen et autres épouvantails, le spectre du bipartisme hante leurs discours et le jeu politique français. Les conséquences quant au débat politique, si pauvre dans notre pays, seraient redoutables pour une démocratie déja en grande partie aux mains d'oligarques et de technocrates.
_l'urgence sociale après 5 ans de gouvernement UMP a atteint son paroxisme. La paupérisation de nos concitoyens, aussi bien relative qu'absolue, n'a fait que croitre, et, dans le même temps, les élites de notre pays n'ont cessé de diviser et stigmatiser toujours plus les travailleurs de France.
L'extrème droite en sort renforcée dans une indifférence térrifiante. Son discours est banalisé, partout en Europe elle gagne du terrain, des groupuscules pullulent dans nos voisinages.
L'OCDE elle même vante "la flexibilité" et "la productivité" du salariat en France. C'est dire si l'exploitation du travail est avancée dans notre pays. En comparaison avec les économies nationales les plus importantes de d'Europe, la France est un pays tout à fait "attractif" quant à la taxation du capital. Pourtant à droite comme à gauche ont stigmatise "les cotisations qui nuisent à l'emploi" (Sylvie Faucheux, présidente de notre université et candidate du PS sur la première circonscription des Yvelines, à C dans l'air). A propos de l'enseignement et surtout du supérieur, le désengagement financier de l'Etat, la remise en cause constante de la Laïcité par le financement public d'écoles confessionelles, la pregnance des logiques de sélection et d'exclusion au mépris du principe républicain d'égalité, les conditions de logement, d'accueil des étudiants étrangers et l'exploitation économique croissante des étudiants du fait de leur précarité (jusque par le SCVE, qui a de plus pour politique d'offrir sur un plateau les étudiants au harcelement des banques), tout cela doit nous faire réagir.
Seulement le temps court des médias et de la campagne électorale s'impose à nous. La diversité de nos convictions et surtout de notre approche de l'action et du politique s'y heurte. La conséquence nous saute tous les jours aux yeux. A l'UVSQ il y a un syndicat qui n'en est pas un et deux organisations politiques moribondes. Dans un lieu de production des savoirs qui se révele être un lieu de reproduction et de sélection sociale comment accepter l'absence de mobilisation?
Les engagements que nous partageons ne devraient-ils pas nous rassembler pour faire de l'université un lieu de partage des savoirs, un lieu de culture, de rencontre et d'échange ouvert à tous?
Plus largement, en tant que travailleurs intellectuels, fraction dominée au sein de la classe dominante, nous avons pleinement conscience des enjeux actuels.
Contre le FN, la guerre en Irak, le LMD et la loi de modernisation des Universités, contre le Traité Etablissant une Constitution pour l'Europe, contre le CPE, nous savions tous que ces batailles, comme celles qui se déroulent dans les banlieues, comme celle des sans-papiers et bien d'autres encore, recouvrent des enjeux d'une lutte bien plus globale, une lutte historique. La lutte ne se situe pas dans le temps, elle est le temps, c'est à dire quelque chose contre quoi nous serons toujours en retard. Nous savons que l'Histoire ne s'est pas arrêtée un beau matin de 1989. Nous savons qu'il existe de nombreux combats à mener jusqu'à ce qu'il ne reste plus que la rue.
Nous savons que dans cinq mois se jouera notre avenir. 
Nous savons qu'il faut un changement politique radical.
Je vais conclure simplement par deux propositions:
_diffusons largement cet appel
_constituons rapidement un collectif, espace de diffusion des idées, de débats et d'initiatives.