"Des signes de dégradation importante"
"Des signes de dégradation importante"
de la santé des étudiants
Aucune surprise dans le rapport parlementaire publié le 6 décembre dernier. Mais plutot un constat implacable: il y a une urgence sanitaire dans les facs!
L'alimentation, le stress, le sommeil, la vue, les soins dentaires,...
Un étudiant sur trois déclare ne pas manger équilibré, 40 % d’entre eux sautent le petit déjeuner quand la moitié abrège le repas essentiel du matin. Les chiffres ne sont pas plus réjouissants en ce qui concerne les soins dentaires et d’optique, loin d’être prioritaires, 15 % des étudiants ayant été amenés à y renoncer faute de moyens!
Le suicide demeure la principale cause de mortalité chez les 15-25 ans, avec 11 000 passages à l’acte par an. Au delà de la situation des étudiants, l'alarme sociale sonne dans le vide pour les jeunes de France.
Parmi les « dix mesures prioritaires pour un plan de santé étudiant », les parlementaires avancent un chèque santé pour aider à l’adhésion à une mutuelle, le soulagement des coûts de la Sécurité sociale, la création de maison de la santé sur les campus ou encore une visite médicale systématique, obligatoire et complète, pour les étudiants de premier cycle.
Comment ne pas rire de ces délarations d'intention. L'UVSQ a d'ors et déja instauré la visite médicale obligatoire (et pas gratuite!) à laquelle certains ne sont jamais convoqués. Le cheque santé sera l'objet d'un harcelement de la part de mutuelles mercantilistes pour l'achat d'options couteuses et inutiles à l'étudiant. Quant aux maisons de la santé, étant donné l'état des finances de l'enseignement supérieur que l'Etat démissionaire laisse en ruine, inutile de rêver: à l'UVSQ c'est le service de santé des étudiants sur lequel on fait des économies...
Nous sommes en période électorale et tous les sujets de société sont des enjeux électoraux. Le précédent rapport de Laurent Wauquiez, sur les aides sociales des étudiants, était resté lettre morte.
Ce rapport aura eu malgré tout le mérite de pointer "deux oublis majeurs: les étudiants étrangers et les étudiants en situation de handicap". Il s'agit d'un enjeu de société majeur. Quelle vocation donnons nous à l'enseignement supérieur?
L'Université du XXIe siecle doit-elle être un lieu de partage et de diffusion des savoirs, ouvert à tous, ou alors rester à l'instar de l'ensemble de l'enseignement supérieur un outil de sélection et de reproduction sociale, sur des critères de nationalité, financiers, physiques, sociaux?
L'Union des Etudiants Communistes propose:
Un principe fondamental du capitalisme consiste à procurer à la main d'oeuvre qu'il exploite le minimum nécessaire à sa stricte subsistance. Le capitalisme post-industriel, économie de chomage de masse, se passe de cette considération une fois la responsabilité rejetée sur les administrations publiques. Mais l'abandon de la politique de l'Etat-social, le retour de la doctrine de l'Etat-outil de domination au service des dominants, avec la chasse aux enfants, la stigmatisation des chomeurs, des immigrés, des jeunes... sonne comme le glas du progrès social. Nous pouvons combattre cette logique.
Une étudiante en médecine et militante d'une liste aux élections du CROUS nous a confié l'autre jour être contre la gratuité des soins car "les étudiants doivent avoir conscience du coup de la santé".
La question est posée! Combien d'entre nous renoncent à consulter parcequ'ils n'ont pas 20€ à avancer, parcequ'ils n'auront pas les moyens de consulter le cas échéant un spécialiste, et surtout parcequ'ils savent d'avance qu'ils n'auront pas les moyens de payer les médicaments ou d'attendre leur remboursement.
Ils faut s'interroger sur les raisons qui font que si peu d'étudiants qui auraient droit à la CMU complémentaire en bénéficient effectivement (le plafond de ressources étant d'environ 590 euros par mois).
Le rapport préconise au nom de la simplicité de rattacher tous les étudiants au régime étudiant, qu'ils soient salariés ou ayant droit. Il n'est nulle part fait mention des plus de 28 ans qui en sont aujourd'hui exclus, cette déclaration ne tient pas compte des conséquences de cette mesure. Au delà du lobbying évident des mutuelles étudiantes ("Les organisations représentatives étudiantes sont favorables au rattachement de l'ensemble des étudiants à leur régime spécifique"), il est évident que leur gestion de la santé des étudiants, déja sujette à critique, ne fera qu'empirer. Le cout élevé des cotisations et leur méthodes de vente revèlent à l'évidence les logiques capitalistes de ces mutuelles.
LE DROIT A LA SANTE
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Sécurité sociale universelle avec remboursement à 100 % de tous les actes médicaux, notamment des moyens de contraception.
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Gratuité de la Sécurité sociale étudiante.
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Création de points santé jeunes dans tous les lieux de vie des jeunes, avec l’accès à des consultations, à la délivrance de moyens de contraception et de préservatifs gratuits.
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Développement de la médecine préventive gratuite partout.
A l'instar de l'éducation, la santé devra être mise au centre de tout projet de société ayant pour ambition le progrès. Car le constat est alarmant: manque de personnels, fermetures de lits, d'hopitaux, démantèlement des hopitaux psychatriques pour un retour à la logique d'asile,...
La santé est enjeu en France pour le monde entier. Il faut créer un grand pôle public de la recherche et de la production des médicaments. Il faut sortir la recherche des enjeux de recherche du profit, de concurrence et de marketing dans lesquels elle a été enfermée par le capitalisme pharmaceutique.
Comment ne pas déplorer enfin, que lors de la campagne pour les dernieres élections au CROUS, aucune des listes ne se soit alarmé des difficultés pour rencontrer une assistante sociale pour les étudiants de l'UVSQ qui pourraient en avoir besoin. Cette derniere n'est disponible que sur rendez-vous, et ses permanences qui ont lieu sur une matinée sont irrégulières et insuffisantes.