communiqué MJCF
Large ouverture ne veut pas dire
adhesion plus large
Les jeunes communistes sont inquiets de la nomination d’un tel gouvernement. Les redécoupages ministériels augurent des transformations importantes dans les politiques publiques menées et leur cohérence. Ainsi, lier la jeunesse à la santé apparaît au mieux incongru, au pire dangereux.
Si ouverture il y a dans ce gouvernement, ce n’est pas dans le domaine de la politique économique, où le choix résolu est celui de politiques néolibérales. Pour preuve, la nomination au Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Emploi de Christine Lagarde, femme d’affaires proche des multinationales européennes. Elle sera accompagnée dans sa tâche par le très libéral Hervé Novelli au secrétariat d’État aux Entreprises et au Commerce extérieur.
Au total, ce n’est pas l’ouverture qui sera jugée par les Français. La nomination dans le premier gouvernement Fillon de Kouchner et Jouyet n’a pas démobilisé l’électorat de gauche pour le second tour. Le gouvernement sera jugé sur sa politique et ses mesures. Et sur la TVA, c’est un revers que vient d’essuyer le gouvernement.
Le débauchage de personnalités socialistes (Kouchner, Jouyet, Bockel et Fadela Amara) ou de gauche (Martin Hirsch) ne doit pas faire illusion. C’est les symptômes d’une gauche qui abandonne le terrain politique, idéologique au profit d’un supposé pragmatisme, d’une « politique technique, neutre, réaliste », donc convertie aux idées dominantes et au libéralisme.
Quelle que soit la composition du gouvernement Sarkozy Fillon, il mènera une politique de casse sociale. Entre 2002 et 2007, le gouvernement a dû céder sur la réforme Fillon des lycées, la réforme pour l’autonomie des universités, celle du Contrat première embauche. Dans les années qui viendront, il trouvera les jeunes, les salariés, les classes populaires contre lui, pour faire reculer sa politique.
Paris, le 19 juin 2007.